Le design des roadster et roadster coupé smart

Dès le lendemain, chacun se met au travail pour poursuivre l’élaboration du projet roadster. Jürgen Neu, plus tard chef de projet de développement se souvient : « Nous avions convenu qu’il fallait tout d’abord définir des proportions. Volker Leutz, le chef de service du bureau d’étude a alors dessiné quelques esquisses à table et a apporté le jour suivant un premier modèle avec les proportions. Tout le processus de design s’est alors mis très rapidement en œuvre. » Toute la partie centrale de l’auto est rapidement mise en œuvre sur les planches à dessin puis il faudra plusieurs propositions pour affiner l’avant et l’arrière. Le concept de la cellule tridion inspirée de la moto avec le cadre apparent comme sur la city coupé est repris. Les pièces d’habillage seraient quant à elles toujours en plastique (les body panels). Autre axe de travail, le roadster devra afficher des muscles tendus par une empreinte au sol élargie par rapport à la city coupé, et une face avant plate. Les stigmates d’une voiture de sport. Le responsable du design Hartmut Sinkwitz fait alors travailler son équipe sur différentes esquisses, puis ensuite chacune est mise en concurrence, discutée et commentée. Et chaque point positif ou convaincant est repris pour être travaillé plus en détail et en profondeur. Toutes les premières esquisses ont été réalisées en premier lieu au stylo à bille ou au crayon à papier. Elles ont permis ainsi d’affiner le projet. Par la suite, un mélange de toutes sortes de techniques est utilisé: stylo à bille, gouache, feutre, crayon à papier, craie, peinture à l’huile, ordinateur.

Volker Leutz a souhaiter que l’équipe travaille sur un design qui développe un concept à partir du produit lui-même, en étant fidèle ainsi l’expression  » form follows function « . Le nombre d’esquisses proposées s’accélère dont certaines présentent des excentricités de style comme des flammes peintes sur les body panels ou des pots d’échappement type camion US. Toutes ces esquisses servent de point de départ pour le travail d’échange car les esquisses  » de base  » sont accrochées au mur en permanence et manipulées pour permettre de nouvelles explorations de détails. Dans le même temps, les designers essaient de tenir compte des contraintes de la technique propre aux automobiles. Ce que confirme le responsable design Hartmut Sinkwitz à ce sujet: « Un bon designer à un sens pour tout ce qui est technique et reconnaît néanmoins la marge dans laquelle il peut exprimer pleinement sa créativité ». Puisque la partie centrale du roadster smart est quasi figée, reste à peaufiner les détails et surtout donner une physionomie à ce futur roadster qui symbolise la marque smart et le produit. « Une vraie smart devrait d’autre part toujours être un peu pince-sans-rire », pense Volker Leutz à ce sujet. « Nous ne voulions pas concevoir une voiture de course mais revenir aux valeurs classiques du roadster. Cela signifie, éprouver beaucoup de plaisir à conduire pour très peu d’investissement de matériels à cause de la position extrême des sièges, à cause d’une petite voiture, très légère taillée sur mesure. »

Noël 1998, le projet se matérialise…
Les designers sont satisfaits de leurs esquisses et sont tombés sur un consensus acceptable et surtout apprécié de tous. Les techniciens ont également été intégrés très en amont dans le travail des designers afin d’accélérer et de rendre crédible la faisabilité technique. Leur travail est essentiel afin de pouvoir s’assurer que le trait du designer ne sera pas entravé par des contraintes techniques imprévues. Il faut en effet que chaque composant puisse être logé sous  » la peau  » du roadster smart, sans qu’il n’interfère ou gêne les autres, et sans que cela créé des  » verrues  » sur la carrosserie. Les techniciens ont recours à la CAD qui leur permet d’avance très rapidement et de stocker les données et contraintes de chaque composant. Ce travail des ingénieurs d’intégration est appelé concept dimensionnel du point de vue technique ou également appelé package. « C’est ici qu’on détermine par exemple que le bloc de diffusion d’air ne doit pas dépasser telle ou telle dimension, qu’il devra avoir l’une ou l’autre forme parce que le module de l’airbag doit pouvoir encore y trouver sa place au-dessus » raconte le designer Volker Leutz. « Tout cela est étudié avec soin à l’aide de l’ordinateur. Nous disposons pour cela des données CAD pour chaque pièce qui sont regroupées à l’aide d’un logiciel spécial. Et tout cela doit bien entendu loger sous la peau extérieure ».

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